Interview de J-B SAINT-CRICQ 
par Jean Philippe SEGOT
Journaliste au "Journal de Biarritz"
Quel bilan tirez-vous de vos sept années passées dans l’opposition ?
Ce fut une expérience très formatrice car l’exercice était difficile. Les textes ne font pas la part belle à l’opposition municipale. D’une part la représentation est faussée par le système électoral puisqu’avec 25 % des voix on a seulement 10 % des sièges, ce qui donne une prime à l’équipe gagnante. D’autre part, les dossiers ne sont communiqués aux oppositions que 5 jours francs avant chaque Conseil, ce qui donne très peu de temps pour les étudier et préparer les interventions. Toutefois, je pense que malgré ces difficultés, notre opposition a été très présente et que nous avons bien défendu les intérêts des Biarrots en relevant les anomalies de la gestion municipale. Certaines associations dont nous soutenions l’action ont engagé des recours et fait sanctionner les errements de l’équipe en place. D’une façon générale, au cours de sept dernières années, notre expérience s’est forgée sur l’ensemble des dossiers municipaux et notre vision de ce qu’il faut faire est plus précise encore.
Nous sommes confortés dans l’idée qu’un changement d’exécutif local est absolument nécessaire.
Votre groupe d’opposition a connu quelques soubresauts avec le «lâchage» de Marc DHOSPITAL et les envies d’indépendance de Marie-Claude ALBANESI. Est-il si difficile que cela de maintenir l’union au sein d’un groupe d’opposition ?
Il vrai qu’un de nos colistiers, Marc DHOSPITAL, a tenté de rejoindre le camp adverse, mais, apparemment, sans succès. Ce sont des choses qui arrivent et qui n’ont pas d’importance tant il est vrai que notre mouvement d’opposition se trouve conforté par un important soutien populaire. Les mécontents de la gestion actuelle rejoignent les rangs de nos fidèles et notre action politique, parfaitement lisible, est soutenue par un nombre grandissant de Biarrots. Il ne faut pas penser que l’opposition, se résume aux seuls élus.
Vous avez annoncé votre intention de conduire, à nouveau, une liste aux municipales. Comment et avec qui travaillez-vous à sa constitution ?
Notre liste municipale sera constituée de Biarrotes et de Biarrots jeunes et parfaitement insérés dans leur Ville, issus de tous les horizons professionnels et de tous les quartiers, désireux de s’investir dans la gestion de leur Ville. Bien sûr, bon nombre de ceux qui en 2001 nous ont accompagnés se retrouvent sur notre liste, mais aussi un certain nombre de personnalités issues de la Société civile qui de par leur profession sont rompues aux responsabilités.
Quels seront les grands thèmes de votre programme ?
Compte tenu de la période de gaspillage que Biarritz vient de traverser, il est évidemment hors de question de se livrer à des dépenses somptuaires. Si la Cité du Surf, totalement inutile et ruineuse, doit être abandonnée, nous avons le projet de rénover le Musée de la Mer et de doter celui-ci d’un grand aquarium. Nos falaises, jardins et voiries seront rénovés. La Ville sera nettoyée et nos équipements seront entretenus, ce qui n’est plus le cas. Nous mettrons sur pied un véritable plan de circulation en recréant du stationnement de surface. Pour l’essentiel, au lieu de favoriser les investissements pharaoniques, nous mettrons l’accent sur le fonctionnement en aidant les acteurs locaux que sont les associations. Nous paierons mieux le personnel municipal. Nous favoriserons la création de logements sociaux et l’accession à la propriété en veillant à ce que les charges locatives soient modérées et justes. Nous essaierons d’assouplir les règles d’urbanisme pour permettre aux Biarrots de ne pas devoir d’exiler. Notre politique de proximité sera axée sur la vie des quartiers. Le détail du programme sera présenté en début d’année.
Quelles seraient vos actions concrètes en matière de démocratie participative et de statut de l’opposition si vous étiez élu Maire de Biarritz en 2008 ?
On peut imaginer le recours au référendum consultatif d’initiative locale pour les grands projets qui touchent les Biarrots. Il serait aussi possible d’interroger régulièrement les Biarrots pour recueillir leur avis et leurs suggestions. Pour ce qui concerne l’opposition, nous proposerons que chaque mouvement dispose d’un bureau à la Mairie, d’un secrétariat et d’un espace d’expression inclus dans le bulletin local, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Les documents de chaque Conseil seront remis bien à l’avance et non 5 jours avant comme maintenant.
Certains incidents au Conseil Municipal ont eu comme conséquence un échange de propos très durs entre vous et le Sénateur-Maire. Certains seraient tentés de dire : « Pourquoi tant de haine ? »
Pour ma part, je me suis toujours interdit les attaques personnelles dont j’estime qu’elles n’apportent rien et nuisent à leur auteur. Malheureusement, ce sentiment ne semble pas être partagé par le Sénateur-Maire qui a souvent dérapé, allant jusqu’à me mettre en cause sur le plan professionnel, ce qui n’est pas correct car, pour ma part, je vis de mon métier et pas de la politique. Las de ses attaques incessantes contre mes colistiers et moi-même, j’ai été obligé de lui rappeler que lorsque l’on a un passé professionnel tel que le sien, il est de bon ton de faire preuve de plus de modération dans son discours. Quant à la raison qui peut conduire à de tels débordements, il faut imaginer qu’après 17 années de pouvoir sans partage, il doit être difficile de se confronter à une opposition déterminée. Toutefois, certains comportements sont inacceptables. Si les Biarrots me font confiance, afin de ne pas risquer dans de tels errements, je me propose de ne briguer que deux mandats.